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dimanche 22 septembre 2013

Douce France

Rentrée mardi soir (reprise du boulot mercredi) après trois semaines (++) en France. Décalage horaire moins horrible que le fameux de janvier ou j'étais à deux doigts de me dire plus jamais ça (voir ici). O surprise, en 3 jours c'était (presque) plié, au final c'est moi seule, tout seule qui ai mis le plus de temps à me recaler et pas les enfants. Ouf! enfin moyen ouf pour moi.
Bref, de longues vacances en France, presque 2500km en voiture (sans compter l'AR en Corse en avion). Deux semaines (++) entre famille et amis puis une semaine juste nous quatre pour souffler un peu.
J'ai aimé:
- revoir la famille et les amis. 
- les enfants qui retrouvent avec plaisir leurs grands-parents et les réclament à peine partis.
- le soleil de la fin de l'été sous lequel n'importe quel coin de France parait magnifique.
- courir sous un grand soleil et des températures douces... faire des pointes à près de 5min au km sans avoir l'impression de friser la crise cardiaque ou de suer des seaux d'eau. Courir et ne pas se sentir épuisée juste après,
- déguster de délicieux melons, mirabelles, figues et autres fruits de saison.
- ne pas prendre un gramme pendant les vacances (si!!!) en mixant fruits et légumes de saison avec la charcuterie et le fromage + course à pied / rando. C'est sûr en hiver entre la raclette et la neige dehors on oublie le repas équilibré et le footing.
- faire les courses, stupeur, j'avais oublié que mes crèmes au chocolat préférées coutent 4 fois moins cher que de basiques yaourts à Singapour, qu'on peut manger du fromage à tous les repas sans y laisser deux bras, et surtout consommer sans avoir une empreinte écologique désastreuse.
- laisser le paquet de biscuits des enfants sur la table sans regretter d'avoir oublié de le ranger au frigo pour ne pas etre dévoré par les fourmis.
- faire des randos avec les enfants.
- faire des pique-niques. Petit M nous réclamait son "petit sandwich" à chaque rando pour finalement n’en manger que la garniture.
- ne pas avoir besoin de sortir la carte bleue pour faire une sortie sympa. Profiter de vacances simples.
- les gens qui disent "hâte que vous rentriez, on se verra plus souvent" et qui le pensent sincèrement.

J'ai pas aimé:
- 3 semaines c'est court, trop court. SuperChéri dit qu'il serait bien reste 6 mois de plus. Moi aussi. Voire plus.
- les bouchons sur l'A86 à 10h du matin (en même temps, c'est pas très malin de bloquer une voie pour réparer la chaussée un jour de semaine!).
- les gens qui disent "c'est sûr que vous allez rentrer? Ça va être dur de de réadapter et puis c'est la crise en ce moment" ouiiiiii je sais, vous voulez nous faire fuir ou nous motiiiiiver?

Ce qui nous a fait plaisir enfin et surtout, c'est la vision positive de la vie en France qu'ont certaines personnes que nous avons revues (ouiiii c'est possible!!!). En dehors de toute considération sur la politique et l'avenir de la France, on y vit bien / agréablement, une vie probablement plus simple et plus saine qu'à Singapour, proche de sa famille aussi. Une vision positive rafraichissante, communicative, qui, si elle était plus ancrée chez nos compatriotes, contribuerait franchement au redressement de notre cher pays en donnant envie aux gens d'instiller des idées innovantes, du dynamisme, etc. Car les français sont les champions du pessimisme, n'est-ce-pas? Ben moi j'ai envie de mettre un coup de pied au derrière de ceux qui râlent sans essayer d'avancer. Car ceux qui montrent de l'optimisme respirent manifestement le bonheur, et non il ne s'agit pas de naïveté puérile! Et dès aujourd'hui je vais m'efforcer de mettre tout l'optimisme et l'énergie possible au service de ma famille, de la société qui m'entoure. Je n'espère pas de miracles, mais communiquer juste un sentiment positif autour de moi.

Dans l'avion du retour à Singapour, un curieux sentiment. Dernier aller-retour Singapour-Paris. Notre prochain billet l'été prochain sera un aller simple pour Paris. Notre projet de l'année, préparer ce retour.

mardi 25 juin 2013

Haze, le retour au calme?

Le haze, celui qui a mis Singapour sur une carte pour beaucoup de personnes dans le monde (voir ici mon billet). Le haze, qui nous a asphyxiés la semaine dernière et a créé une hystérie collective, poussant certains à se ruer sur des billets d'avion hors de prix, les autres à se contenter des moyens du bord, à savoir un masque récupéré comme on peut (le plus souvent au boulot car out-of-stock partout), ou coup de bol, un purificateur d'air arraché parmi les tous derniers stocks. On crie au boycott de l'huile de palme! Petite éclaircie à laquelle on ne veut croire trop fort samedi après-midi, qui se confirme dimanche. Inespéré, d'autant plus que les autorités annonçaient une période de haze de plusieurs semaines. On a l'impression de se réveiller après un gros cauchemar ou une soirée bien trop arrosée: le mal de tête et l'incrédulité qui vont avec. La cerise sur le gâteau, la grêle cet après-midi dans l'ouest de Singapour, serait-ce le résultat de l'ensemencement des nuages pour tenter d'éteindre les multiples hotspots ou rien à voir?
Les vents ont pousse le haze vers la Malaisie le 23 juin
Singapour, dans la petite enclave en bas a droite, oui on a chaud aux fesses!
En réalité, ce sont nos voisins de Malaisie qui ont trinqué suite à des vents favorables pour Singapour. Quand on regarde la carte ci-dessous, on a l'impression d'avoir une chance folle, et on se demande quand paf... le boomerang va nous arriver dans la figure. Calme après la tempête ou avant la tempête? En attendant, on profite de cette trêve, on respire un bon coup, encore que... comme l'explique très clairement Gaëlle ici, il faut non seulement regarder le taux des particules fines PM10 sur lesquels le NEA publie le statut "moderate" de ces deux derniers jours, mais aussi le taux des particules ultra-fines PM2.5 plus nocives qui sont publiées aussi, mais moyennées sur 24h. Les données sont accessibles heure par heure sur le site http://aqicn.org/city/singapore/central/. Les valeurs frisent le statut "unhealthy".
Particules PM2.5 du 25 juin
Donc oui, on profite et on respire un grand coup, mais sans pour autant tomber dans l'hystérie, on fait attention aux plus fragiles d'entre nous (bébés, asthmatiques...). En pratique, nous avons repris une vie normale, on limite les expositions au grand air pour nos enfants à des périodes plus courtes. J'ai également commande un purificateur d'air aux USA (je vous mets au défi d'en trouver un ces jours-ci à Singapour a un prix décent, liste des fournisseurs ici). Commande passée sur Amazon.com (le modèle c'est celui la, sauf que désormais il n'est plus livre par Amazon mais un autre fournisseur... il faut croire qu'on a été nombreux a le commander). Un petit transformateur qui coute moins de S$30 sera nécessaire pour le faire fonctionner sur du 220V et malgré des frais de port prohibitif pour faire venir la bête par DHL ça restera 40% moins cher qu'un modèle équivalent de cette marque à Singapour... no comment. Pour ceux qui regrettent de ne plus pouvoir le commander, vous pouvez contourner ce problème en utilisant par exemple Vpost. Le site vous attribuera une adresse virtuelle aux USA pour vous faire livrer le produit, et se chargera du rapatriement à Singapour. Au final un achat peut-être superflu... pas tellement dans le fond pour nettoyer les PM2.5!

vendredi 21 juin 2013

Asphyxiés par le Haze à Singapour

En bas, 400 PSI, photo FB Tiff in Singapore
En 2006, nous pensions avoir vécu un niveau de pollution exceptionnel (bien que plus faible qu'en 1997). Ces fumées âcres, produits des brûlis de forêts à Sumatra, en Indonésie, dans une région qui se situe a moins de 300 kilomètres de Singapour. Ça a commencé le week-end dernier. Lundi je pensais qu'au pire on revivrait octobre 2006, période qui m'avait marquée car j'avais arrêté la course à pied pendant un mois, mais ça restait très supportable globalement. Lundi soir, on finit la journée à 152 PSI (unhealthy), mon bootcamp est annulé le mardi matin, mais la situation reste stable. Mercredi, pic à 321 PSI (hazardous), les réseaux sociaux se déchainent franchement. Jeudi, bootcamp annulé à nouveau, les magasins sont dévalisés de leurs purificateurs d'air et leurs masques. Vendredi, franchement panique à bord, les réseaux sociaux se déchainent, surtout lorsqu'on dépasse la valeur symbolique des 400 PSI (very hazardous). J'ai plusieurs fois retiré mes lunettes à l'intérieur du bureau en pensant qu'elles étaient sales. Non, le haze, insidieux, pénètre partout. Les yeux piquent, on se sent oppressé, même quand les valeurs sont redescendues, l'odeur de feu de bois colle toujours au palais, le bourdonnement dans la tête. On sort avec un masque. Sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook, les mises à jours des valeurs de PSI sont communiquées et commentées, des photos postées, des tips échangés (ou trouver des masques? ou partir en week-end pour s'échapper, combien de temps ça va durer?). Le compte Twitter du NEA (National Environment Agency) a multiplié ses abonnés (plus de 57000, alors que mardi nous étions 41000 environ... et la semaine dernière? quelques milliers seulement?).
Parce que oui, malheureusement, c'est parti pour durer. Deux à trois mois en 1997, un mois en 2006, le gouvernement annonce que ça va durer "des semaines". On est en saison sèche, seule la mousson permettrait de nettoyer tout ça. Angoisse. On fait quoi? Les enfants? Pourquoi les vacances en France c'est que dans deux mois? Tout planter et partir? Non, je bosse. Au moins chez nous on arrive à se sentir bien en fermant tout et avec la clim', donc finalement on n'est pas si mal lotis. A l'école des enfants aussi. On se réjouit d'un 142 PSI en fin de journée qu'on trouvait carrément invivable lundi. Sérieusement, on fait quoi? Les billets d'avion sont pris d'assaut (et du coup coutent une fortune). Puis ça va peut-être s'améliorer, non? 
On n'est pas sorti de l'auberge, comme on dit...
Et avec les réseaux sociaux qui relaient l'info en permanence, on ne serait pas en train de PSIchoter un max? Comment se faire une idée objective de la situation? Des conséquences à long terme sur notre santé et celles de nos petits? Certains diront que ça reste un gros feu de bois alors que d'autres villes subissent à longueur d'année des pollutions bien plus nocives. Mais on se dit que quand même, ce n'est pas normal.
Certes, mais on se sent bien impuissant. On ne va pas céder à la panique générale et attendre de voir comment se passent les jours à venir en prenant les mesures nécessaires. Relativiser et prendre du recul, accéder a une information objective. Se prévoir une virée dans la région pour se re-oxygener le week-end prochain si ça dure. Rivaliser d'imagination pour occuper nos petits qui ne doivent pas sortir. Allez, ce week-end, activités manuelles, musées et virées dans les shoppings malls! Bon, je ne vous le cache pas, ce n'est pas le moment de nous rendre visite!

Plus d'infos sur les excellents blogs d'Adeline ici et de Gaëlle ici, ici et ici!

jeudi 30 août 2012

Diner en Blanc Singapour ou comment une erreur de comm' fait tache d'huile a l'ère Internet

Diner en BlancJ'avais entendu parler du concept il y a quelques années en France: un pique-nique chic organisé dans un lieu de grande classe (Louvre, Château de Versailles, etc.), dans le plus grand secret. Les convives, cooptés ou sélectionnés selon un processus complexe, ne connaissent le lieu de rendez-vous qu'au dernier moment. Ils s'y rendent dans la plus grande discrétion, vêtus de blanc, armes d'une table, chaises, nappe (blanche), panier à pique-nique garni de victuailles "de qualité". Une soirée romantique dans un lieu prestigieux, ou les participants ont le sentiment de faire partie d'une élite choisie ou du moins de participer à un événement exceptionnel dans une ambiance magique. Pourquoi pas, c'est compréhensible.
L'événement serait-il en train de perdre son âme en s'exportant au-delà de nos frontières? La controverse a démarré une semaine avant le premier Diner en Blanc à Singapour programmé le 30 aout 2012. Très bien expliqués chez Du Miel et Du Sel et Paris-Singapour. En résumé : nourriture singapourienne locale jugée indigne de figurer au menu, bloggeurs sommes de retirer (et non de rééditer) leur billet puis désinvités et communication laissant à désirer. La blogosphère se déchaine, et les commentaires se multiplient sur Facebook et Tweeter. Avec le recul, une grosse bourde venant de l'équipe locale et de la compagnie de PR, qui a l'ère d'Internet, des blogs, Facebook et Tweeter, ne pardonne pas. Le mal est fait, mais comme dit Louis de Paris-Singapour, une tempête dans un verre d'eau. Peace. Food is meant to Unite, Not Divide, telle est la conclusion de Daniel, le blogueur exclu. De même, Leslie Tay de IeatIshotIpost a rencontré l'équipe française en charge de l'organisation, dans un esprit d'accueil, a montré que Singapour était en mesure de dépasser ces l'incident (voir ici). Merci.
Ce qui toutefois me laisse perplexe, c'est le tour commercial qu'a pris l'événement notamment depuis qu'il s'exporte sur les 5 continents. J'avoue il y a quelques mois m'être inscrite sur la mailing-list DeB Singapour et avoir "liké" leur page Facebook, afin d'être inscrite sur leur liste d'attente... et de m'être désinscrite / d'avoir "unliké" leur page quelques jours après seulement. Un événement magique, et convivial? Cependant sponsorisé par une banque, ou le seul champagne autorisé doit être de la marque Perrier-Jouet (en vente sur le site DeB, mais il est vrai que vous n'êtes pas obligés de boire du champagne ce soir-là), et ou le department store Robinsons propose un kit pique-nique DeB comprenant vaisselle et autres. Sans oublier les frais d'inscription de S$50 dollars par couple (alors que vous devez déjà vous procurer vaisselle, tables, chaises, nappes satisfaisant a une liste de critères précis, et apporter votre repas). A Paris, c'est gratuit (à part ce que vous apportez). 
Repas vendu sur le site DeB
A noter que l'organisation vend des repas en kit alors que le "fait maison" est encouragé. Une marque déposée, une internationalisation de l'événement (pas forcément mauvais en soi mais) dans un cadre rigide dicté par des agences de comm' et des sponsors... Bien entendu, je souhaite aux heureux élus de passer la meilleure soirée possible, conviviale et magique autant que possible. Espérons aussi que le fiasco en terme de comm' s'estompera, des leçons en seront tirées, et que l'événement pourra avoir lieu dans des conditions plus sereines en 2013, si renouvelé.

Pique-Nique Familial
Je dois dire que je préfère nos pique-niques entre amis au Jardin Botanique, Sentosa, Marina Barrage, Garden by The Bay ou autres, improviséà coup d'emails (et où l'on peut transmettre l'invitation comme on veut). Chacun apporte un plat simple à partager, et vient en habits du week-end, avec toute la famille! Pas de tables ni de chaises, pas de dress code, les enfants courent partout et s'amusent. Les parents en profitent pour discuter en sirotant un soft ou une Tiger Beer (pas de champagne), en mangeant une tranche de saucisson ou un morceau de quiche. De la convivialité à l'état pur!

lundi 25 juin 2012

A Singapour, j'aime pas...

Après le j'aime publié il y a quelques jours, voici maintenant le à Singapour, j'aime pas... (en vrac):
- habiter à 13h d'avion de la France, manquer la plupart des événements familiaux, ne pas souvent voir nos amis les plus proches.
- le beau temps certes, mais cette chaleur qui fait qu'on ne sort pas en plein milieu de journée (sauf sous la clim').
- l'absence de saisons et le soleil qui se couche toujours à 19h même en été.
- les fruits et légumes qui ont traversé la moitié du globe pour arriver à Singapour, et qui en plus ont un goût de flotte.
- les yaourts qui coûtent 2 à 4 dollars le pot. Heureusement j'ai résolu le problème en faisant mes propres yaourts.
- le manque de civisme au volant, les gens qui ne te laissent pas changer de file pour une question de principe / d'honneur, les taxis qui conduisent mal (pas tous mais beaucoup).
- les gens qui restent au milieu de la route pour prendre des photos après un accident plutôt que de dégager le passage.
- le volume sonore dans les restos. J'adore Din Tai Fung, mais pas pour le bruit ambiant, c'est clair.
- la culture des shopping malls dans lesquels on trouve toujours les mêmes boutiques. De plus en plus dur de trouver de bonnes adresses restos ou autres dans shophouses pleines de charmes ou dans endroit vert (en dehors d'un mall, quoi!).
- quand on trouve ladite adresse, il ne faut que quelques mois pour voir des hordes d'expat' débarquer.
- devoir réserver 4 semaines à l'avance pour bruncher au Rider's Café le week-end si on est plus de deux (conséquence du point précédent).
- la vie qui coûte de plus en plus cher (logements, voitures et taxis, ERP, et le reste dans une moindre mesure) et donc de moins en moins abordable sans package expat'.
- les hopitaux qui coûtent un bras (et même si on est bien remboursé par sa mutuelle, devoir avancer les 2000 dollars d'hospitalisation journaliers). Le fait que les packages médicaux (moins chers) ne sont pas proposés aux étrangers, même avec un permis de travail.
- bosser 5 jours 1/2 (voire 6 jours) par semaine dans la construction. Ouf, plus dans mon poste actuel, mais ça a été le cas pendant plus de 4 ans, et pourrait le redevenir.
- le côté exigu de l'île qui fait qu'on pète un plomb quand on n'en sort pas tous les 4-5 mois.
- le manque d'événements culturels de qualité, opéra, pièces de théâtre, trop rares.
- les cinémas qui ne passent quasiment que des super-productions hollywoodiennes.
- la culture matérialiste, propre à ce pays qui a bien réussi économiquement.
Toutes ces raisons pour lesquelles, bien qu'étant heureuse actuellement à Singapour, je sais que l'équilibre est fragile et temporaire, et n'y passerai pas toute ma vie.

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